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Répertoire et mise en ligne des cartes géologiques départementales de France (1830-2000)

Responsable scientifique : Pierre Savaton, Université de Caen

Coquebert de Montbret souhaitait établir une description générale de la France fondée sur une division en régions naturelles, base moins variable, à ses yeux, que les divisions politiques ou administratives. Selon lui, la nature du sol détermine les productions d'un pays, plus que les mœurs et les gouvernements. Omalius d'Halloy l'avait compris dès 1808, ce qui donna l'idée à Coquebert de Montbret de l'engager pour dresser une carte représentant la diversité des sols de France. Pour mener à bien ce projet il était prévu de mettre à contribution aussi bien les correspondants du Bureau de la statistique du Ministère de l'Intérieur que des ingénieurs du Corps des Mines. Jamais pareil réseau de ressources n'avait été activé jusque là ; mais, devant la complexité de la tâche, Omalius d'Halloy put seulement produire en 1816 un essai de carte géologique de la France, des Pays-Bas et des contrées voisines. Celle-ci fut dressée avec la collaboration de Coquebert de Montbret. Il s'agissait à la fois de collecter des informations descriptives sur tout le territoire et d'en établir une synthèse qui permettrait de définir des unités. A la disparité des informations et à leur manque de fiabilité s'ajoutait l'influence des écoles. Géologue sans frontières d'états, Omalius d'Halloy réussit à travers cette carte à faire une première synthèse entre les travaux français, allemands, anglais et italiens. Il y regroupa tous les terrains en six grands types, mais ce qu'il gagna en synthèse à l'échelle de la France il le perdit dans le rendu de la géologie locale. Sa carte constitue sans doute une contribution importante à la cartographie géologique, mais est trop éloignée de la statistique et de l'essor économique des régions.

En 1822, malgré son école des Mines, la France marque un retard. A cette date, l'Angleterre ajoute en effet à la carte des formations de William Smith (1816), la carte de George B. Greenought (1819). Brochant de Villiers, professeur à l'école des Mines, ne cache pas que la réception de cette dernière à l'école hâta le soutien du Conseil de l'école à son projet de carte géologique de la France présenté dès 1811. Ce n'est qu'en 1825 cependant que Becquey, Directeur général des Ponts et Chaussées et des Mines, le charge avec l'aide de deux jeunes ingénieurs, Dufrénoy et Elie de Beaumont, de la réalisation de cette carte tant attendue. Le projet d'un homme est donc devenu celui de l'école puis celui du ministère.

Dès son origine, le projet prévoit l'établissement, non seulement d'une carte géologique générale de la France, mais également, de cartes départementales géologiques et minéralogiques. A la vision synthétique propre à l'avancée d'une science géologique en construction, devaient s'ajouter des cartes statistiques à visées économique, industrielle et politique. L'état s'engagea dans la première, mais confia rapidement les suivantes aux départements. La carte géologique générale de la France à 1/500 000 est prête en 1835 et publiée en 1841. Dès 1835, Legrand, sous-secrétaire d'état aux travaux publics et directeur général des Ponts et Chaussées et des Mines, invite les Conseils généraux via les Préfets à faire dresser à leurs frais des cartes géologiques départementales.

L'entreprise n'a pas attendu cette incitation pour débuter et plusieurs départements se sont déjà pourvus à cette date d'une carte géologique au contenu économique, industrielle et agricole parfois bien marqué. Si 71 départements décident dès 1835 du lever de cette carte, leur publication dure près de 50 ans. Leur disparité de contenus, d'échelle et de codage est telle qu'elles vont très vite être remplacées par une couverture normalisée, planifiée et centralisée, à l'échelle du 1/80 000. Cette nouvelle cartographie, qui fonde le service national de la carte en 1868, les rejette dans les oubliettes de l'Histoire. Œuvres d'universitaires, d'ingénieurs des mines ou d'érudits locaux, elles sont désormais le quasi monopole du Corps des ingénieurs des mines.

Très peu de recherches historiques portent sur ces cartes géologiques départementales au point qu'aucune publication n'a établi à ce jour l'inventaire descriptif et exhaustif de ces cartes et des monographies qui les accompagnaient généralement. Un travail considérable est à faire en ce sens, tant d'un point de vue conservation d'un patrimoine que de celui de la mise à disposition des historiens et géologues d'informations devenues confidentielles. Aucun lieu ne permet aujourd'hui en France de consulter l'intégralité de ces cartes et des cartes citées au XIXe siècle sont introuvables. HistMap permettrait d'amorcer ce travail en rendant possible, dans un premier temps, la localisation géographique et l'inventaire descriptif de ces cartes et monographies en vue d'une numérisation de sauvegarde puis d'une mise à disposition sous forme d'une base de données Internet.

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